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mardi 20 mai 2014

Dessine-moi une histoire sur le sable


Ilana Yahva à l'oeuvre
Voici un type de performance qui m'hypnotise. J'ai beau voir qu'en termes de dessin et de message cela ne dépasse guère le stade du gentillet, le geste et la dextérité mis en jeu me fascinent et je reste subjuguée comme une enfant devant son premier numéro de prestidigitation. Je vous entraîne donc dans le monde de l'animation de sable. Ce sont les professionnels de l'animation qui en ont eu l'idée, à la fin des années 50 semble-t-il. Il s'agit de travailler sur une table lumineuse tapissée d'une fine couche de sable. La texture, à la fois fluide et stable, permet à l'artiste d'y tracer les lignes désirées à main nue. Le sable est l'encre et la main le pinceau : les dessins naissent des effets d'ombres et de lumière, des creux (le verre de la table) et des pleins : la matière fluide du sable. 



Sable et lumière sculptés
C'est autant l'élaboration que le dessin en soi qui est filmée (caméra placée au-dessus du plan de travail), ce qui fait la part belle au geste. Il va du généreux saupoudrage à la pincée minutieusement déposée, du pianotement léger au balayage à coup d'avant-bras. La technique de gommage mérite qu'on s'y attarde : soit le sable est ôté d'un geste large et vif qui ouvre une page blanche, soit on obscurcit le dessin avec du sable répandu. Mais le plus fascinant est comment l'histoire avance : les dessins se chevauchent, évoluant sans cesse : à peine une jungle a-t-elle été tracée que tout un pan en est effacé pour laisser place à un personnage. A peine est-il né sous nos yeux que, de quelques coups furtifs, la jungle devient une mer où le personnage va s'élancer. L'animation de sable est un enchaînement de métamorphoses où effacements et surgissements s'entrelacent. Ce spectacle est émouvant car il peut se voir comme une  métaphore de la création.


Ilana Yahva est une des divas du genre. Si ses histoires se cantonnent aux bons sentiments, sa dextérité est confondante. Voyez éclore les pétales de fleurs sous ses doigts, traquez ce petit geste sec qu'elle a pour dessiner un ongle et laissez-vous émerveiller.


One man's dream, 2010


Sources : http://sandfantasy.com/ (le site d'Ilana Yahva)
https://www.youtube.com/watch?v=dEgSoTCgvgA
https://www.youtube.com/watch?v=YIOsIbqpR5s

lundi 19 mai 2014

Dessine-moi un poème


Fleurs
Contraction de calligraphie et idéogramme, le mot calligramme désigne un poème dont la disposition graphique sur la page forme un dessin. Le mot a été inventé par Guillaume Apollinaire qui en fit le titre d'un recueil paru en 1918.  C'est un art gracieux où le tracé entremêle la poésie des mots et l'expressivité du dessin, doublé d'un art subtil qui joue sur la relation entre les deux systèmes de signes. Les calligrammes sont légers par nature : le procédé décourage toute forme de prétention ou d'emphase. Il requiert au contraire de la simplicité  et une forme de dépouillement stylistique. Les premiers calligrammes

Poème à Lou
remontent à l'Antiquité mais la dite poésie graphique a acquis ses lettres de noblesse au début du XXème siècle, avec Apollinaire. Le rapport mot-dessin varie d'un poème à l'autre. Dans certains, le vers trace le seul contour ; pour d'autres les mots sont la chair du dessin. Apollinaire aimait distribuer le texte dans l'image, allant jusqu'à tronçonner les mots : texte et image s'imbriquent alors en une sorte de rébus. Il arrive qu'un calligramme en abrite d'autres qui s'y sont glissés. Ainsi, dans le poème-portrait de Lou, les mots oeil, nez et bouche sont à la fois le nom et le dessin du mot désigné. Derrière l'apparente simplicité graphique, c'est tout un dédale de signes et de sens que nous sommes invités à parcourir.

Tous les calligrammes de ce billets sont de Guillaume Apollinaire.


Le Jet d'eau

Tous les souvenirs de naguère O mes amis partis en guerre Jaillissent vers le firmament Et vos regards en l'eau dormant Meurent mélancoliquement Où sont-ils Braque et Max Jacob Derain aux yeux gris comme l'aube Où sont Raynal Billy Dalize Dont les noms se mélancolisent Comme des pas dans une égliseOù est Cremnitz qui s'engagea Peut-être sont-ils morts déjà De souvenirs mon âme est pleine Le jet d'eau pleure sur ma peine. 


Le Miroir

Dans ce miroir, je suis enclos, vivant et vrai, comme on imagine les anges et non comme sont les reflets.


Le Guetteur mélancolique 

Homme vous trouverez ici une nouvelle représentation de l’univers en ce qu’il a  de plus poétique et de plus moderne. Homme, homme, homme, homme, homme Laissez-vous aller à cet art où le sublime n’exclut pas le charme et l’éclat ne brouille pas la nuance. C’est l’heure où jamais d’être sensible à la poésie car elle domine tout terriblement.


Il pleut

Il pleut des voix de femmes comme si elles étaient mortes même dans le souvenir C'est vous aussi qu'il pleut merveilleuses rencontres de ma vie ô gouttelettes Et ces nuages cabrés se prennent à hennir tout un univers de villes auriculaires Écoute s'il pleut tandis que le regret et le dédain pleurent une ancienne musique Ecoute tomber les liens qui te retiennent en haut et en bas.



Sources : http://www.cndp.fr/presence-litterature/dossiers-auteurs/apollinaire/calligrammes.html?tx_cccbrowse_pi1%5Bpointer%5D=2&cHash=da85c886bda77974b77bb8c42668316b
http://www.guillaume-apollinaire.fr/calligrammes.htm

jeudi 8 mai 2014

Les danseuses cambodgiennes de Rodin


Crayon, estompe,
aquarelle et gouache
sur papier
Elles sont d'une grâce exquise. C'est du tracé souple et sûr, de l'alliage crayon-aquarelle et de la subtilité des couleurs que vient leur extraordinaire légèreté. L'application de la couleur ne suit pas les traits : elle habite la forme avec liberté. Le dessin respire à l'image de la danseuse. Ces dessins sont moins les portraits de ces jeunes Kmères que celui de leur danse et de l'émotion que leur art provoque. Cet été 1906, le ballet royal cambodgien était en France, à la suite de son souverain venu assister à l'Exposition Coloniale de Marseille. Rodin, qui vit les deux représentations données à Paris, fut frappé d'éblouissement. Il confia : Je les ai contemplées en extase. Quel vide quand elles partirent, [...] Je crus qu’elles emportaient la beauté du monde.








Un an plus tard, le sculpteur écrira à Rilke :  Je n'ai pu entrer, malgré mon désir impétueux, dans cette profonde danse si belle, et ma traduction est un peu 18ème siècle. Mais cette fusion a des grâces. Les Cambodgiennes sont au-delà de la beauté que nous pouvons, ou que j'ai pu saisir. D'elles, Rodin fit des dizaines de dessins, happant goulument cette beauté. Pendant 3 jours et 3 nuits, il les croque avec frénésie, dessinant sur tous les supports qu'il trouve : cartes de son hôtel, papiers d'emballage... L'exposition que, cent ans plus tard, le musée Rodin consacra à ces dessins était sous-titrée Sa dernière passion.


Sources : http://www.histoire-image.org/site/oeuvre/analyse.php?i=334http://dantebea.com/category/articles/auguste-rodin-1840-1917-et-la-danse/
http://www.leplaisirdapprendre.com/media/regards-6/culture/06_rodin_aquarelliste.pdf

vendredi 11 avril 2014

+ pour les cartes célestes de Dürer


Autoportrait à la
 fourrure
, 1500
En préparant le billet consacré aux constellations, je découvre avec ravissement ces anciennes cartes célestes (la voûte de Giovanni de Vecchi, les gravures de l'atlas d'Hevelius...) où centaures, poissons, ourse et écrevisse s'entremêlent dans une ronde quadrillée de tracés mathématiques. Celle réalisée, en 1515, par Dürer, constitue la première carte céleste gravée. L'initiateur de ce projet semble avoir été Johannes Stabius, mathématicien et cartographe. Outre Dürer, il associa au projet l'astronome Conrad Heinfogel, responsable de la numérotation des étoiles et des distinctions d'amplitude. Gravées sur bois à Nuremberg, les deux planches (hémisphères nord et sud) font la synthèses des connaissances de l'époque.


Aux angles de l'image, les portraits de quatre
des plus grands astronomes de l'Antiquité


Constellations australes dont celle de l'Hydre, du
Lièvre, de l'Autel, de la Couronne australe...


Source : http://www.ianridpath.com/startales/durer.htm

dimanche 6 avril 2014

+ pour rencontrer les faunesses


Dans la mythologie gréco-romaine, les faunesses n'existent pas. Nanti d'un t
Il semblerait que les représentations de faunesses fleurissent à la fin du XIXème siècle et qu'elles aient surtout eu la faveur des illustrateurs. Notons tout de même que Rodin a sculpté plusieurs nymphes sans cornes ni pattes caprines, appelées faunesses. De tous les dessins et aquarelles vus, je retiens celle de Léo Fontan, la plus joyeuse car la plus décalée. Voici la fille de Pan et de quelque geisha égarée, en extase olfactive parmi les fleurs.


mercredi 19 février 2014

Le fantasme du sexe en apesanteur


Editions Quebecor,
2010
On se la joue cachottier et puritain dans les grandes agences spatiales ? Qu'à cela ne tienne : les fantasmes vont bon train, relayés par le cinéma et la BD de science-fiction. Pour bon nombre des Terriens que nous sommes, l'apesanteur est l'élément de choix pour s'envoyer en l'air et la navette spatiale... le plus prometteur des hôtels de passe. Tout commence par une sur-érotisation de la femme de l'espace. Est-ce par prolongement de l'image (jadis torride) de l'hôtesse de l'air, est-ce le scénario de promiscuité -homme et femme réunis dans le huis-clos de la navette- ou l'excitation de l’aventure et les rapprochements qu'elle peut occasionner ? Force est de constater que la femme astronaute a très vite fait l'objet de projections sexuelles.

Vignettes de Barbarella de J.C Forest
La BD, les films et les séries télévisées relookent la combinaison unisexe qui devient un écrin épousant des formes de panthère ; le casque enlevé libère une chevelure de vamp. Nous sommes dans la représentation d'une féminité archétypale, tendance dominatrice, voire guerrière. Après tout, les femmes astronautes ne sortent-elles pas d'écoles militaires ?

Affiche japonaise
du film de Vadim
Vous avez dit Barbarella ? Bingo ! L'héroïne BD, imaginée par Jean-Claude Forest en 1964 et portée à l'écran par Roger Vadim en 1968, a cristallisé tous ces fantasmes. C'est une femme aussi appétissante qu'audacieuse, évoluant dans l'environnement en tous points exceptionnel de l'apesanteur. Les images prises lors des vols paraboliques nous montrent les couples euphoriques et flirtant à l'envie. Y'a de l'accouplement dans l'air, tout comme il y en a dans l’eau, mais autre sujet… Cette nouvelle liberté de mouvements et l'enivrante sensation de voler y sont sans doute pour beaucoup mais n’y va-t-il pas aussi de la nature-même de l'orgasme ? En impesanteur, la métaphore du plaisir propulsant et apesant passe, de facto, de l'analogique à l'accomplissement.


Illustration de l'article
Six minutes 25 de légèreté  


Source : http://chusmartinez2013.wordpress.com/2013/05/04/6mn25-de-legerete/

samedi 1 février 2014

Cocteau, portraitiste du sommeil des hommes


Le romancier Raymond Radiguet, vie 
fulgurante fauchée à 20 ans
Jean Cocteau a traqué les mystères du sommeil sur le visage de ses amants endormis. La fascination inquiète face à cette absence de l'autre (ton corps est là, mais toi, où es-tu parti ?) lui a fait crayonner des portraits de Raymond Radiguet ou Jean Marais, dans l'abandon de leur sommeil. Ceux rassemblés dans Vingt-cinq dessins d'un dormeur sont consacrés au poète Jean Desbordes. D'abord exposés dans la galerie parisienne Les Quatre-Chemins, ces dessins font, en 1929, l'objet d'un tirage en édition limitée. Un dormeur est le modèle des modèles. On risque en le copiant avec patience de copier l’élément où il baigne et de portraiturer, sans préméditation, l’atmosphère du songe. écrit Cocteau dans la préface. Dessinateur, graphiste, dramaturge mais avant tout poète, Cocteau mit des mots sur l'étrangeté du sommeil. Ci-dessous, deux poèmes extraits du recueil Plain-Chant (1923). Le premier est la contemplation anxieuse du sommeil de l'aimé ; l'autre est une ode au rêve. On y retrouve le mythe de Morphée, visiteur nocturne et escamoteur de réalité.


Portrait extrait de Vingt-cinq 
dessins d'un dormeur
Mauvaise compagne, espèce de morte,  
De quels corridors,
De quels corridors pousses-tu la porte,
Dès que tu t’endors ?
Je te vois quitter ta figure close,
Bien fermée à clé,
Ne laissant ici plus la moindre chose,
Que ton chef bouclé.
Je baise ta joue et serre tes membres,
Mais tu sors de toi,
Sans faire de bruit, comme d’une chambre,   

On sort par le toit.



"Puisse durer toujours une si grande joie
Qui cesse le matin,
Et dont l'ange chargé de construire ma voie
Allège mon destin.

Léger, je suis léger sous cette tête lourde
Qui semble de mon bloc,
Et reste en mon abri, muette, aveugle, sourde,
Malgré le chant du coq.

Cette tête coupée, allée en d'autres mondes,
Où règne une autre loi,
Plongeant dans le sommeil des racines profondes,
Loin de moi, près de moi."

(extrait)

Où part le dormeur ? Pour quel voyage a-t-il embarqué ? Nous allons prêter une oreille prudente à la réponse ésotérique, prendre consciencieusement note de l'avis médical puis foncer sur l'analyse freudienne des rêves. Et bien sûr, nous délecter des oeuvres où les artistes ont exploré cet énigmatique vie parallèle que chacun mène au coeur du sommeil.


Portrait de Jean Marais dormant, Jean Cocteau
1947, crayon sur papier
 

Sources : http://education.francetv.fr/dossier/jean-cocteau-o32566-portraits-et-auto portraits-4883, http://bibliotheque-gay.blogspot.com/2013/01/25-dessins-dun-dormeur-jean-cocteau-1929.html
Le deuxième poème de Plain-Chant est disponible en intégralité sur http://www.poesie.net/cocto1.htm

dimanche 26 janvier 2014

Ils l'ont fait en apesanteur : peser le pour et le contre


Ce billet est un peu différent de ceux habituellement publiés sous l'intitulé Ils l'ont fait en apesanteur : il ne témoigne pas d'une activité réellement effectuée en gravité zéro. En place et lieu, un dessin de Sempé nous fait partager le dilemme d'un astronaute de fiction, amoureux de deux femmes. Choisir de quitter l'une pour vivre l'amour fou avec l'autre est un grand pas à franchir, bien plus angoissant que son embarquement imminent pour une mission spatiale. C'est du pur Sempé, c'est à dire du pur bonheur : un shoot d'humanité qui donne à sourire et à penser. Dans La Grande panique (1965), chez Denoël. 


" Peut-être qu'au retour tu y verras plus clair : Florence,
les gosses, la maison, c'est la sécurité. Tandis qu'avec
Annie, évidemment, c'est l'inconnu..."

mercredi 8 janvier 2014

Ils l'ont fait en apesanteur : dessiner

L'état d'apesanteur, c'est un peu le fruit défendu : interdit aux Terriens, il les tente obstinément. Fils et filles terribles de l'humanité, les artistes ont tout fait pour y goûter. Le blogueur BD Boulet vient de réaliser un rêve de gosse : se retrouver en apesanteur. Il raconte l'expérience en 4 planches dont une est reproduite ici. A ma connaissance, Boulet est, sinon le premier dessinateur à avoir testé l’apesanteur, du moins le seul au monde à avoir embarqué dans un Boeing Zéro G pour y faire des croquis.

Gilles Roussel dessine en impesanteur,
crédit CNES
Depuis 2004, Gilles Roussel, alias Boulet pour le monde de la BD, met en ligne des bouts de dessins ou des histoires complètes sur Bouletcorp. Au début, il y raconte sa vie, des histoires banales mais mises en scène de façon hilarante. Rapidement, le blog devient une œuvre à part entière. Aujourd’hui, Boulet règne sur un monde mi-geek, mi-fantastique, métaphore onirique de son quotidien. 


Un monde qui a fini par passer du support numérique au support papier, tellement il avait de succès. Cinq tomes de Notes sont déjàparus.  Sa notoriété et son inspiration entre quotidien et fantastique ont valu à Boulet d'être choisi par le CNES pour expérimenter la sensation d'apesanteur et en témoigner par ses dessins. Agrémenté de croquis, photos et de vidéos, le récit complet de l'aventure est à déguster sur le blog de l'auteur.





Sources : 2 articles tirés du blog BD Case départ
Blog de Boulet : http://www.bouletcorp.com/blog/2012/04/14/22-secondes/ 

lundi 9 décembre 2013

Chapeau melon et semelles de vent ou les petits hommes de Folon


Générique de fermeture des
programmes
Nous avons parlé de sauts et de chutes, d'élévation et de flottements. Abordons l'envol. Et qui, mieux que Folon, a su changer les hommes en oiseaux ?  Folon est entré chez les Français, comme Robial le fit quelques années plus tard, par la fenêtre magique du petit écran. La chaîne Antenne 2 lui avait successivement commandé le générique d'Italiques, un programme littéraire (dès 1971) puis le jingle d'ouverture et fermeture de la chaîne, diffusé entre 1975 et 1983. Huit ans donc à côtoyer, soir après 
soir, l'art de Folon et ses bonshommes bleus s'envolant "sur une cantilène pour hautbois et orchestre" précise Wikipédia. Retrouver ces animations me transporte 40 ans en arrière. Outre l'effet madeleine de Proust, constater combien ces images ont vieilli me remplit de mélancolie. Tous les sites consacrés à Folon reprennent le même texte (j'en ignore la source) : Il se distingue dans le domaine de l'illustration par un style [...] caractérisé par de larges dégradés à l'aquarelle et l'utilisation récurrente de personnages au contour volontairement schématique, à l'expression égarée, errant en apesanteur dans de vastes paysages dénudés ou au contraire dans des espaces urbains oppressants et énigmatiques. Il est juste que dans les dessins de Folon, on évolue peu sur terre. Ceux de ses personnages qui sont restés au sol y peinent douloureusement. C'est le cas du gros homme d'Italiques qui lutte contre le vent et regard, incrédule, l'homme-papillon aux ailes de papier (les pages d'un livre) que le même vent fait si gracieusement tournoyer. 



Folon fut le chantre de l'envol : il en fit toutes ses représentations possibles. Démonstration :

Oiseaux

.
Tableau ornant la Chapelle des Pénitents Blancs, 
Saint-Paul de Vence


Homme hirondelle

Libre, aquarelle non datée


Hommes moineaux

Générique d'ouverture Antenne 2


Funambule

Sans titre, circa 1985, dansFolon, 20 ans d’affiches


Chez Folon, l'homme n'est pas heureux sur terre. Faute d'ailes, il s'élève en pensée.

La vue, 1970 


Estampe non titrée, 1979


A moins qu'il ne tente de gagner le ciel à bout d'échelle.


Cette dernère image de Folon gardera son mystère : impossible d'en apprendre plus sur elle.


Source : http://www.gemmagioielli.com/db/schedaArtista.php?lang=fr&id_artista=3


samedi 23 novembre 2013

Du côté de chez Niki



Le mot apesanteur m'avait tout de suite fat penser à cette baigneuse du ciel, signée par Niki de Saint Phalle. L'image est connue, diffusée sous forme de cartes postales, de posters et même de poupée. J'en ai fait l'icône de ce blog.


Half woman, half angel
Niki de Saint Phalle


Cette oeuvre est, me semble-t-il, une très gracieuse et très complète illustration du mot apesanteur. Ne rend-elle pas justice à chacun de ses sens ? Nous sommes haut dans le ciel, à tu et à toi avec les étoiles. Nous sommes dans le flottement et non dans le vol. L'air seul porte cette femme-ange, lesquels anges (rappelons-le) ne sont pas des oiseaux : leurs déplacements obéissent au surnaturel, non à la mécanique. La femme est aussi une baigneuse, elle évolue en maillot dans un éther liquide, aquatique, autre élément associé à l'apesanteur. Enfin et surtout, voyez la légèreté et la grâce. Plus rien de lourd dans ce corps plantureux. Une déesse-mère au ciel, ronde et aérienne, belle ... comme une caravelle.