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jeudi 5 juin 2014

Apesanteur radieuse : le baptême du petit jour


Cette photo de Spencer Tunick est à mes yeux un sommet de poésie. Elle nous offre une interprétation infiniment subtile de l'apesanteur. L'image diffère des nus de masse qui ont fait la réputation du photographe. Ici, les participants ont été placés de façon à ce que chacun soit distinct. Tous sont nus mais couverts d'un long voile diaphane qui tombe jusqu'à leurs pieds. Placés dans un paysage désert, les figurants sont de profil, tournés vers le nord. Derrière eux, le soleil se lève et inonde la scène. Les voiles capturent la lumière, formant des halos qui révélent les silhouettes à contre-jour.


Protestations Kiev
Festival de Burning Man, août 2013, Spencer Tunick


La photographie a été prise à l'occasion des rencontres artistiques de Burning Man, dans le désert du Black Rock au Nevada. Rendez-vous avait été donné en fin de nuit afin que tout soit prêt lorsque le soleil se montrerait. Une des grandes beautés de l'image tient à la progression de la lumière qui baigne d'incandescence les silhouettes les plus reculées alors que celles du premier plan sont encore bleues de nuit. Au fur et à mesure qu'elle atteint les rangs, la lumière opère une métamorphose : les sihouettes s'illuminent comme des bougies. Forte de résonances spirituelles, l'image parle -à qui le veut bien- la langue du panthéisme.


Source : http://burners.me/2014/05/15/desert-spirits-get-naked/

mardi 27 mai 2014

Breath, l'expérience du dernier souffle


Breath, Tomohide Ikeya

C'est en faisant des recherches sur la photo subaquatique que j'avais découvert le travail de Tomohide Ikeya. La charge émotionnelle qui se dégage de ces images est telle qu'il m'avait semblé judicieux d'attendre la thématique de la mort pour les publier. La série Breath, exposée pour la première fois à Tokyo en 2008, nous montre des hommes et des femmes immergés. Selon les photos, ils surnagent ou sombrent, seul(e) ou en groupe, nus ou drapés, dans une eau qui va du gris au noir d'encre. Tomohide Ikeya met en scène la diversité des sentiments qu'être sous l'eau -donc momentanément privé d'air- inspire, c'est le cas de le dire. Le photographe, adepte de plongée sous-marine, sait que la conscience de ne plus pouvoir respirer confronte inmanquablement à l'idée de mort. Breath, via une évidente stylisation artistique, donne à voir comment l'idée de mourir peut être reçue : corps précipités ou gisant, enlacements dignes de jumaux baignés de liquide amniotique, chute hallucinée, résignation, sérénité...

Aucune des photographie de la série n'a de titre en propre.











Source : http://tomohide-ikeya.com/Tomohide_Ikeya/CV.html

lundi 28 avril 2014

Le naturisme ou quand être nu rend léger


Un petit mot laissé par Diane, suite au billet Spencer Tunick, me fait rebondir sur le vocabulaire de la nudité et voilà que ma fibre de blogueuse me met au défi d'en faire de l'apesanteur. Chiche? Chiche. Détour préalable par les dictionnaires de synonymes et d'argot pour potasser le champ lexical concerné, avant de cogiter les rapports entre la nudité et le sentiment de légèreté. Prêts pour l'effeuillage ?

Illustration trouvée sur 
un site de naturisme
Dire la nudité est soit nommer la matière qui nous habille (être à poil, avoir ses cheveux pour vêtement, installer sa bidoche), soit comparer avec ce qui est toujours nu (comme un ver, comme une fleur, comme la main), soit faire référence à l'état d'avant le péché originel (tenue d'Eve, d'Adam, comme notre premier père) ou à l'état de nature (être habillé en sauvage, in naturalibus). Ces deux derniers points se rejoignent : la civilisation va les fesses couvertes, par opposition à la nudité qui est naturelle. Dieu n'avait pas raisonné autrement en peuplant l'Eden. L'autre nom du nudisme est d'ailleurs le naturisme. L'image ci-contre reprend la représentation de la chute, sur un mode un poil décalé : Adam tient aussi une pomme et les parties génitales sont plus ornées que voilées par les brins de vigne.


Communauté hippie,
origine inconnue
Quant à la question de être nu rend-il léger, tournons-nous vers l'héritage culturel et idéologique considérable que nous ont transmis les mouvements hippies des années 60 et 70. Le naturisme y côtoyait le rejet de la société de consommation, le retour vers Mère Nature, de vagues inspirations païennes, le nomadisme, la liberté sexuelle, la vie en communauté... Nous sommes en plein utopisme social : la recherche d'une société idéale, panthéiste, affranchie des interdits de la vieille morale, faisant reculer les tabous. Les vêtements sont, comme les modèles des générations antérieures, autant d'oripeaux dont il est bon de se défaire. Pour les Flower children, liberté et légèreté passaient entre autres par le droit à la nudité. Qu'il soit occasionnel (le bon carré de pelouse, la petite crique isolée) ou systématique (camp 

La Cour suprême de Nouvelle-Zélande a annulé, début décembre 2012, la condamnation pour comportement offensant d'un joggeur naturiste.
En Nouvelle-Zélande, joggeurs et joggeuses 
 ont le droit de courir nus dans les forêts
de vacances où tout se fait à oilpé) et militant, le naturisme est et reste un phénomène occidental. Pratiqué en bord de mer et dans les espaces verts, il existe aussi en version urbaine, contrariée (à San Francisco, une loi interdit désormais aux citoyens d'être nus en ville) ou acceptée, comme dans les pays nordiques ou en Angleterre où faire du vélo en tenue d'Adam est sinon commun du moins admis.


Et, dans chacun de nous,  cette envie jamais complètement éteinte de goûter à l'état de nature. Assortie du plaisir d'une petite transgression ? 

La scène du bain de minuit de Marilyn,
Something's got to give part, 1962


Sources : http://www.languefrancaise.net/bob/syno.php?id=614&synonyme=nu
Nudisme urbain à San Francisco : http://next.liberation.fr/sexe/2012/11/20/san-francisco-interdit-le-nudisme-de-rue_861877
Jogging naturiste en Nouvelle-Zélande : http://www.francetvinfo.fr/monde/asie/en-nouvelle-zelande-vous-pouvez-courir-nu-dans-la-foret_179777.html

dimanche 27 avril 2014

Spencer Tunick signe un nu sur l'eau


Mer Morte, 2011
Que ceux qui ne connaîtraient pas le travail de Spencer Tunick veuillent bien prendre quelques secondes pour regarder l'image ci-contre. Ces traits verticaux sont-ils le motif d'une toile abstraite ? Serait-ce plutôt l'agrandissement d'une partition ? Des plantes aquatiques ? Libre à chacun d'enchanter son imaginaire, mais sachez tout de même que Spencer Tunick ne photographie que des corps humains nus. 

 Stade Ernst Happle, à Vienne, 2008
Depuis plus de 20 ans, l'artiste américain dénude hommes et femmes dans la ville (les prises de vue sur la Mer Morte étaient une première). De photo en photo, de petits groupes en foules (ses installations mobilisent des milliers de figurants), Tunick confronte la nudité à l'espace urbain, interrogeant la place qu'y occupe l'homme, tour à tour gracieux, puissant, perdu ou dérisoire.


A Mexico, 2007
Dans ce travail, le plus beau est -à mes yeux- la façon qu'a Spencer Tunick d'utiliser les corps nus comme un peintre sa palette. Il joue sur les nuances de peau et de cheveux jusqu'à les fondre en de vastes aplats. Que le paysage ainsi tracé soit vallonné ou accidenté, la scène cascadante ou inerte, chaque corps s'inscrit dans l'image comme un coup de pinceau sur la toile d'un impressionniste, un pixel sur le tirage d'un photographe. Tunick atteint l'abstrait à travers des compositions où la moindre touche est un figurant. L'homme, tour à tour gracieux, puissant ou dérisoire, disais-je. Chez Tunick, l'homme est avant tout pictural.

La photo qui justifie ce billet a été prise à Amsterdam. Invité par la ville, Tunick y réalisa plusieurs installations et ce cliché qui est un peu différent. Les figurantes (ici toutes des dames) sont peu nombreuses et bien distinctes : leur nudité est ornementale et rappelle les statues qui décorent les ponts. Installées sur des supports (que leurs jambes dissimulent), elles sont disposées en arc, au-dessus des eaux, en plein centre historique de la ville.

Voici les Loreleï, fières filles et fées du Rhin

Très court reportage sur les prises de vue faites sur le canal. J'aime beaucoup
 l'inhabituel "Please, please, don't smile !"



Sources : http://www.kickandblog.com/409-spencer-tunick-reunit-2000-personnes-nues-a-amsterdam/
https://www.youtube.com/watch?v=zUqcOOK73Jw

dimanche 20 avril 2014

Ciel et mer, les deux mondes de l'envol


"L'éternité, c'est la mer
mêlée au soleil", Rimbaud
Pourquoi les photographies prises sous l'eau -en particulier celles de nageurs- sont-elles si troublantes ? Parce que le bleu parfois pur parfois trouble où ils évoluent rappelle le ciel et que, chose impensable sur la terre ferme, le sol est sous eux sans qu'ils aient à le toucher du pied. Rien n'évoque autant le vol libre que l'image d'un nageur flottant entre deux eaux. La mer est un ciel inversé, un éther liquide.

Under Water Project
Un commentaire laissé sur ce blog m'oriente vers le travail de Mark Tipple, sur le monde du surf. J'anticipe déjà de spectaculaires équilibres sur les crêtes mousseuses de l'océan. Mouais... Mais on ne néglige pas les conseils de C. la fée. Je vais donc regarder le travail de Tipple et y trouve exactement ce que je cherchais : la mise en image de ce troublant jeu de miroir. Ces nageurs brassent-ils de l'eau ou de l'air ? Ces blanches nuées sont-elles vagues ou nuages ? 

Pour son Under Water Project, Lark Tipple a filmé les surfeurs sans leur planche. Il voulait interroger leur rapport à l'océan : Comment s'y prendre pour se tapir sous le ventre des vagues ? Que voit-on sous ces tornades d'eau ? A quel moment remonte-t-on vers la surface, happer l'air ? Mené en Australie, entre 2010 et 2013, ce travail photographique montre la confrontation de l'humain (ici des surfeurs aguerris) à une force supérieure qu'ils aiment et savent devoir craindre. A votre tour de regarder et dites-moi si je suis la seule à trouver que ces apesanteurs sous-marines ont une dimension mystique. 






underwaterphoto3



NB : Mark Ripple n'a pas donné de titre à ses images.
Les vers de Rimbaud sont extraits du poème L'Eternité, Une Saison en enfer, édition 1873.
D'après http://www.koreus.com/image/61-insolite-18.html, la première image reproduite, sans auteur ni date connus, représente le salar (désert de sel couvert d'un lac provisoire) d'Uyuni, en Bolivie. 
Source : https://www.behance.net/gallery/The-Underwater-Project/847419

samedi 19 avril 2014

Immersions glamour, féériques ou oppressantes


In between, Lucie
Ondrusova, 2010
Je découvre que le underwater shooting est une branche à part entière de l'activité photographique et qu'il y en a pour tous les goûts et tous les usages : reportages, photos d'art, de pub et même de mode. Je vais devoir faire le tri. Réservant l'honneur d'une publication séparée au travail saisissant d'un artiste japonais, je vous propose aujourd'hui un petit tour d'horizon sous forme de question : qu'est-ce qui conduit un photographe à faire des prises de vue sous l'eau ? Le potentiel créatif 

Zena Holloway, spécialisée 
dans la photo publicitaire
est inouï : dans l'eau, tissus et cheveux se déploient et la résistance de l'eau à la pesanteur permet au modèle de prendre à peu près toutes les positions requises. A cela s'ajoutent la façon dont l'eau capte et diffuse la lumière et les variations de couleur et d'intensité qu'elle offre, allant de l'azur liquide à la plus oppressante des nuits. Les artistes, affrontant les difficultés techniques, ont joué sur tous ces registres.


Que raconte In between de la Slovaque Lucia Ondrusova : un repli ou une noyade ? Les pans de la longue robe sont-ils un refuge ou un linceul ? J'opterais pour une métaphore de la descente en soi. L'inconscient ne peut se figurer que liquide.

In between, Lucie Ondrusova, 2010


Jill Greenberg nous offre des sirènes un peu pin-up (en réalité, des professionnelles de la nage synchronisée), remontant comme aspirées vers la surface de l'eau. Avec ses couleurs exubérantes, la série Glass Ceiling est un vibrant hymne à la joie.

Glass Ceiling, Jill Greenberg, 2008


Née à Bahrein (l'île où les pêcheurs allaient en apnée débusquer les perles), Zena Holloway a fait des prises de vue sous l'eau sa spécialité. Travaillant pour le cinéma et la publicité, elle excelle dans des représentations sophistiquées et féériques.

copyright_zholloway_cage3
Zena Holloway, Cage, sans date connue


http://www.luciaondrusova.com.au/art/inbetween
http://blog.pasqunpeu.fr/category/graphisme/page/21/
http://www.zenaholloway.com/

vendredi 18 avril 2014

Underwater inspiration


Free
Adepte du multimédia, la québécoise Lysiane Pepin s'est toujours refusée à choisir entre la peinture, la photo ou la vidéo. En 2009, elle réalise un travail autour de femmes évoluant dans l'eau. Pour amplifier la fluidité des mouvements, elle dessine trois robes, ajustées au buste, larges et vaporeuses à partir de la taille, en revêt des artistes danseuses ou comédiennes et filme le ballet aquatique que chacune improvise. 


De ces images animées, elle isole des instantanés, en fait des tirages qu'elle imprime sur bois puis les repeint à l'acrylique, fondant la texture du support et les mouvements de l'eau en un nouvel élément un peu énigmatique, changeant d'un tableau à l'autre. Certaines nageuses semblent flotter dans un ciel mystique. Fidèle à ses principes, Lysiane a exposé les robes et les vidéos tournées, aux côtés des toiles. Nom de l'exposition : Apesanteur


Wave
Wave


Tourbillon
Tourbillon


Sources : http://www.lametropole.com/article/arts-et-spectacles/art/ballet-en-apesanteur
http://fr.canoe.ca/divertissement/arts-scene/nouvelles/2009/05/29/9610986-jdm.
http://www.pepinart.com/fr/galerie_apesanteur.php?apesanteur=50 (galerie-photo)


mercredi 16 avril 2014

+ pour la poésie chaplinesque de Gilbert Garcin


L'univers de Gilbert Garcin, photographe autodidacte (il est entré en photographie à l'âge de la retraite) se situe à part : dans des espaces-paysages abstraits et symboliques, on voit une figure humaine aux traits escamotés (Mister G lui-même) aux prises avec son destin. Chez Garcin, vivre est comme traverser un labyrinthe d'énigmes. L'homme s'y montre à la fois candide, sincère et impuissant. La condition humaine est donc dérisoire ? Oui et non : cet empressement à faire avec son destin est terriblement touchant. Si la vie est cruelle, le regard de Garcin ne l'est pas.


Quand le vent viendra, 2007


Source : http://www.telerama.fr/scenes/a-marseille-les-images-enfin-revelees-de-gilbert-garcin,103248.php
http://www.gilbert-garcin.com/

dimanche 23 mars 2014

La passion selon saint martin-pêcheur


Sans doute conditionnée par mon immersion récente dans la peinture religieuse, mes yeux ont d'abord lu cette photographie comme une image pieuse. Martin-pêcheur n'étant, par ailleurs, pas si loin de Martin (pauvre) pécheur, l'illusion ne demandait qu'à être entretenue... Si je savais m'y prendre avec Photoshop, je me ferais un plaisir de saturer les couleurs pour rendre l'image digne d'un missel. Pas trop de regrets tout de même : en l'état, elle me plaît énormément et me permet de donner aux oiseaux une petite place, des plus légitimes, sur ce blog.


Photo de Jean-Marie Salomon

En réalité, ce cliché a saisi les deux martins-pêcheurs au plus musclé d'une parade amoureuse. Suite à une prise de bec (au sens propre), le mâle a débouté la femelle de la branche. La photo provient de mardieval-biodiversité, un blog animé par J.M Salomon et qui oeuvre à la préservation de la biodiversité du Val de Loire. Elle a été prise au téléobjectif (en même temps que de nombreuses autres), entre 2012 et 2013, par ce défenseur passionné de la nature. Merci à son talent et à sa... dévotion.

Source : http://mardieval-biodiversite.over-blog.com/article-exclusivite-on-se-donne-des-gros-becs-121695358.html

jeudi 13 mars 2014

Envolez qui vous voulez


Dreaming of Flying, Paula Chang, 2010
Etre aux commandes de Photoshop c'est être en mesure de modifier à peu près tous les éléments d'une image numérique. A condition de savoir faire. N'y connaissant presque rien, je consacre un billet à cet outil. Paula Chang, auteure de la photo ci-contre, a publié sur son blog la façon de s'immortaliser en plein vol. Mais avant de partager cet instructif making of ...

Photoshop fait objet, par les créatifs de 
Bates 141, agence publicitaire indonésienne
Photoshop, logiciel de retouche, traitement et dessin assisté, existe depuis 1990, date à laquelle Adobe en acheta la licence à son inventeur, un étudiant du nom de Thomas Knoll. D'un prix élevé, le logiciel est originellement destiné aux infographistes professionnels. L'évolution de Photoshop est, à certains égards, bien curieuse : d'un côté, son utilisation est devenue incontournable dans les studios et agences de création et

Chocolate Trailpar le collectif
 japonais NAM, 2012
apprendre à le manipuler figure au programme d'écoles aussi prestigieuses que les instituts des Beaux-Arts. De l'autre, les amateurs se sont à leur tour emparés de Photoshop (utilisant parfois des versions piratées) alors que les photographes parvenus à un certain niveau de notoriété s'emploient à le bouder, fût-ce au prix parfois élevé d'installations complexes. J'en veux pour exemple cette série d'images autour de la dégustation de chocolat : tout y flotte grâce à d'innombrables fils que les artistes du collectif NAM ont même eu la coquetterie (j'ai pensé très fort le dandysme) de ne pas effacer. Comme si le recours, devenu systématique, au traitement numérique enlevait à l'art photographique ses lettres de noblesse. Revenons à Paula Chang, notre envolée en robe jaune, qui -elle- pratique Photoshop avec la joie d'en tirer des images créant une illusion à peu près parfaite. 

"I tried all kinds of stupid things..."
Ayant découvert dans la zone industrielle de San Francisco le mur gris qu'elle cherchait pour fond, Paula partit équipée outre son matériel photo, d'une échelle, de coussins, d'une chaise et autres accessoires de fortune. Ses premiers essais sont assez drôles. Elle renonce très vite à se photographier en mouvement et cherche une position stable, calant

The good one
ventre et pied à l'aide d'une caisse en bois et de l'échelle. Il restait ensuite à baisser puis rejeter la tête en arrière pour obtenir le mouvement des cheveux. Et appuyer sur le déclencheur de l'appareil, au creux de sa main droite. Il a fallu à Paula de nombreuses prises et -de son propre aveu- un énorme coup de chance, pour obtenir le cliché reproduit ci-contre : le seul à s'être révélé exploitable. Le traitement informatique a d'abord consisté, comme on le voit, à effacer les objets support, rectifier les points d'impact (elle a dû se greffer un autre pied droit) et la cambrure du cou et de la taille. Elle a ensuite élaboré la composition : devait-elle s'envoler, atterrir et se situer à quelle hauteur ? Son dernier travail fut sur les couleurs, avivant le gris, rééquilibrant pour rendre l'éclat de sa peau, avant d'éteindre un peu le jaune de la robe. In fine, un filtre a été appliqué à l'image afin de la patiner. Un petit travail tout de même, et joliment fait. Cela n'empêche pas Paula Chang de nous inviter à aller voir le travail de Miss Aniela dont le travail, précise-t-elle, ne doit rien à Photoshop : et c'est reparti !

Les différentes figures possibles de vol


Sources : Wikipédia pour Photoshop
http://www.quitecurious.com/dreaming-of-flying/
http://www.maxitendance.com/2012/04/chocolate-trail-nam-macarons-chocolats-apesanteur.html (les autres photos de la série et une vidéo du making of)
http://www.flickr.com/photos/ndybisz/sets/72157607765596396/ (pour voir les photographies de Miss Aniela)

mardi 11 mars 2014

Les lévitographes de Lyon


Lévitation sous les ponts de  
 Lyon, avril 2013
Il était une fois un groupe de photographes, professionnels ou amateurs, intrigués par l'apesanteur. Ils créèrent un collectif et prirent pour nom un néologisme : lévitographes ils seraient. Je n'en sais guère plus sur eux mais ils ont en quelque sorte inauguré ce blog (billet du 13 novembre) puis sont réapparus quand j'ai parlé de Magritte (27 novembre). Je les considère un peu comme des compagnons de route. Un rendez-vous, plus ou moins mensuel, les rasssemble avec leur équipement dans le lieu choisi pour mettre en scène la prochaine lévitation. Leurs photos sont publiées sur leur site et leur page Face Book, avec un texte rendant compte de la difficulté mais aussi du plaisir pris. Je les vois sans prétention, modestes mais convaincus, fiers de leurs réussites, admettant leurs limites : des artistes artisans.


Au restaurant Les Trois Gaules,
 janvier 2013
Voici comment ils procèdent. "Chacun choisit son emplacement et y pose son trépied. Tout le monde travaille avec une optique autour de 50mm afin d'harmoniser les focales. La première prise se fait avec le sujet installé sur un support (tabouret, marchepied...) et la deuxième avec seulement le cadre. Il faut que les deux photos coïncident exactement d'où la nécessité d'utiliser un trépied et de travailler en mode manuel au moins pour la mise au point et pour 


Devant le TNP, mai 2012
l'exposition. Le travail sur ordinateur peut être fait avec à peu près n'importe quel logiciel de retouche photo (Photoshop, GIMP, ...) Les deux photos sont ouvertes sur deux calques différents. Effacer le support suppose une attention particulière aux endroits où le support et en contact avec le sujet. Si la prise de vue est correctement réalisée, cette étape prend environ 10 minutes."


Nous sommes un collectif de photographes réalisant des photos sur le thème de l'apesanteur. Tout le monde peut participer à nos séances, en tant que photographe ou pour poser (ou simplement par curiosité). Ça se passe sur Lyon ou en proche banlieue. Selon l'esprit de la chose, chaque auteur publie ses photos sur son site, blog etc, en faisant mention du Collectif Apesanteur dont il indique la page Facebook. Des photos y sont publiées, avec crédit du photographe et un lien vers sa galerie.



Sources : http://levitation.canalblog.com/
http://www.facebook.com/apesanteur.fr
http://alainpre.free.fr/ (site d'un des lévitographes, photographe professionnel et auteur de Lévitation sous les ponts de Lyon)