lundi 21 avril 2014

+ pour zoomer sur la géniale méduse


C'est vraiment pour le plaisir des yeux : je trouve cette figuration des méduses tellement réussie que je ne résiste pas à l'envie d'en publier un agrandisement. Suis-je la seule à m'extasier ? 


Film Worlds Away, tableau de l'aquarium,
le Cirque du Soleil


dimanche 20 avril 2014

Ciel et mer, les deux mondes de l'envol


"L'éternité, c'est la mer
mêlée au soleil", Rimbaud
Pourquoi les photographies prises sous l'eau -en particulier celles de nageurs- sont-elles si troublantes ? Parce que le bleu parfois pur parfois trouble où ils évoluent rappelle le ciel et que, chose impensable sur la terre ferme, le sol est sous eux sans qu'ils aient à le toucher du pied. Rien n'évoque autant le vol libre que l'image d'un nageur flottant entre deux eaux. La mer est un ciel inversé, un éther liquide.

Under Water Project
Un commentaire laissé sur ce blog m'oriente vers le travail de Mark Tipple, sur le monde du surf. J'anticipe déjà de spectaculaires équilibres sur les crêtes mousseuses de l'océan. Mouais... Mais on ne néglige pas les conseils de C. la fée. Je vais donc regarder le travail de Tipple et y trouve exactement ce que je cherchais : la mise en image de ce troublant jeu de miroir. Ces nageurs brassent-ils de l'eau ou de l'air ? Ces blanches nuées sont-elles vagues ou nuages ? 

Pour son Under Water Project, Lark Tipple a filmé les surfeurs sans leur planche. Il voulait interroger leur rapport à l'océan : Comment s'y prendre pour se tapir sous le ventre des vagues ? Que voit-on sous ces tornades d'eau ? A quel moment remonte-t-on vers la surface, happer l'air ? Mené en Australie, entre 2010 et 2013, ce travail photographique montre la confrontation de l'humain (ici des surfeurs aguerris) à une force supérieure qu'ils aiment et savent devoir craindre. A votre tour de regarder et dites-moi si je suis la seule à trouver que ces apesanteurs sous-marines ont une dimension mystique. 






underwaterphoto3



NB : Mark Ripple n'a pas donné de titre à ses images.
Les vers de Rimbaud sont extraits du poème L'Eternité, Une Saison en enfer, édition 1873.
D'après http://www.koreus.com/image/61-insolite-18.html, la première image reproduite, sans auteur ni date connus, représente le salar (désert de sel couvert d'un lac provisoire) d'Uyuni, en Bolivie. 
Source : https://www.behance.net/gallery/The-Underwater-Project/847419

samedi 19 avril 2014

Immersions glamour, féériques ou oppressantes


In between, Lucie
Ondrusova, 2010
Je découvre que le underwater shooting est une branche à part entière de l'activité photographique et qu'il y en a pour tous les goûts et tous les usages : reportages, photos d'art, de pub et même de mode. Je vais devoir faire le tri. Réservant l'honneur d'une publication séparée au travail saisissant d'un artiste japonais, je vous propose aujourd'hui un petit tour d'horizon sous forme de question : qu'est-ce qui conduit un photographe à faire des prises de vue sous l'eau ? Le potentiel créatif 

Zena Holloway, spécialisée 
dans la photo publicitaire
est inouï : dans l'eau, tissus et cheveux se déploient et la résistance de l'eau à la pesanteur permet au modèle de prendre à peu près toutes les positions requises. A cela s'ajoutent la façon dont l'eau capte et diffuse la lumière et les variations de couleur et d'intensité qu'elle offre, allant de l'azur liquide à la plus oppressante des nuits. Les artistes, affrontant les difficultés techniques, ont joué sur tous ces registres.


Que raconte In between de la Slovaque Lucia Ondrusova : un repli ou une noyade ? Les pans de la longue robe sont-ils un refuge ou un linceul ? J'opterais pour une métaphore de la descente en soi. L'inconscient ne peut se figurer que liquide.

In between, Lucie Ondrusova, 2010


Jill Greenberg nous offre des sirènes un peu pin-up (en réalité, des professionnelles de la nage synchronisée), remontant comme aspirées vers la surface de l'eau. Avec ses couleurs exubérantes, la série Glass Ceiling est un vibrant hymne à la joie.

Glass Ceiling, Jill Greenberg, 2008


Née à Bahrein (l'île où les pêcheurs allaient en apnée débusquer les perles), Zena Holloway a fait des prises de vue sous l'eau sa spécialité. Travaillant pour le cinéma et la publicité, elle excelle dans des représentations sophistiquées et féériques.

copyright_zholloway_cage3
Zena Holloway, Cage, sans date connue


http://www.luciaondrusova.com.au/art/inbetween
http://blog.pasqunpeu.fr/category/graphisme/page/21/
http://www.zenaholloway.com/

vendredi 18 avril 2014

Underwater inspiration


Free
Adepte du multimédia, la québécoise Lysiane Pepin s'est toujours refusée à choisir entre la peinture, la photo ou la vidéo. En 2009, elle réalise un travail autour de femmes évoluant dans l'eau. Pour amplifier la fluidité des mouvements, elle dessine trois robes, ajustées au buste, larges et vaporeuses à partir de la taille, en revêt des artistes danseuses ou comédiennes et filme le ballet aquatique que chacune improvise. 


De ces images animées, elle isole des instantanés, en fait des tirages qu'elle imprime sur bois puis les repeint à l'acrylique, fondant la texture du support et les mouvements de l'eau en un nouvel élément un peu énigmatique, changeant d'un tableau à l'autre. Certaines nageuses semblent flotter dans un ciel mystique. Fidèle à ses principes, Lysiane a exposé les robes et les vidéos tournées, aux côtés des toiles. Nom de l'exposition : Apesanteur


Wave
Wave


Tourbillon
Tourbillon


Sources : http://www.lametropole.com/article/arts-et-spectacles/art/ballet-en-apesanteur
http://fr.canoe.ca/divertissement/arts-scene/nouvelles/2009/05/29/9610986-jdm.
http://www.pepinart.com/fr/galerie_apesanteur.php?apesanteur=50 (galerie-photo)


jeudi 17 avril 2014

Princesse tam-tam vous fait faire des miracles


Un billet (voir 25 décembre) avait été consacré au miracle de la marche sur l'eau. J'ai longtemps cherché une publicité qui reprendrait l'idée. C'est en période pré-estivale que je trouve enfin l'image cherchée. La marque de sous-vêtements et maillots de bain Princesse tam-tam a boosté ce maillot de nage, beaucoup plus austère que les modèles -généralement très féminins- distribués, par une campagne sur l'effleurement et la légèreté. Le corps élégamment gainé, la femme en modèle Tamtam se sent pousser des ailes aux pieds. Rien ne saurait démentir son aérienne démarche d'elfe.


Image tirée d'un film,
téléfilm ou clip
Modèle Doux for you

  

&


Qui a dit que les Princesses marchaient comme les autres ?


Campagne été 2014, Walk like a Princesse


Plouf !


Baigneuse flottant sur les eaux de la mer Morte

Bien que la poussée d'Archimède et les lois de Newton soient des notions distinctes, l'eau entretient des rapports d'analogie avec ma chère apesanteur. Depuis le lancement de ce blog, je me promets d'explorer la chose. L'heure est venue d'interroger la science puis d'aller faire un saut au Proche-Orient.

3838761007 f69e331508 Objets dinnovation: Caravelle
La Caravelle, avion du
nom d'un bateau à voile
inventé 5 siècles plus tôt
L'apesanteur n'existe pas sur terre. Sauf à être allé dans l'espace ou sur un vol parabolique, aucun de nous n'en a fait l'expérience. Flotter dans l'air est une sensation qui nous est inconnue, contrairement à celle, très familière, de flotter dans l'eau. L'analogie part de là, relayée par le lexique. Lorsque l'homme a pu voler, il s'est empressé de reprendre le vocabulaire de la marine : aéroport, aéroflotte, vaisseau spatial, naviation aérienne, etc. Dans les deux cas, le rapport au sol, à la terre-mère est modifié. Et en quoi donc ? Tournons-nous vers un savant vieux de 23 siècles : Archimède de Syracuse, éminent géomètre et mathématicien de l'Antiquité. Celui qui disait Eurêka.

Chromolithographie, 1895
Donc, cette poussée d'Archimède ? La formule consacrée est "Tout corps plongé dans un fluide au repos, entièrement mouillé par celui-ci ou traversant sa surface libre, subit une force verticale, dirigée de bas en haut et opposée au poids du volume de fluide déplacé." Vous avez tout compris ou je répète ? Tout corps immergé reçoit une poussée vers le haut. L'intensité de cette poussée est déterminée par le volume de liquide déplacé (soit le volume du corps plongé). C'est l'idée générale. Cette force est suffisante pour assurer un flottement si le poids du liquide déplacé est supérieur au poids (l'attraction terrestre subie) de la masse immergée. 


Sphères pour spectacles,
produit Dpointgroup
Pourquoi nous sentons-nous plus légers dans l'eau ? Parce que nous le sommes, la pression exercée s'opposant à la force de gravité. Nos mouvements sont donc plus déliés, nous pouvons pirouetter à loisir. Chaussés de palmes, nous fusons. Les plongeurs doivent se lester d'une ceinture de plomb pour contrecarrer leur flottabilité. Des gadgets (des bouées aux sphères ci-contre) permettent d'optimiser le phénomène. L'eau ne nous met pas en apesanteur mais nous en donne un avant-goût. Quant à la mer Morte...

Nous abordon-là une véritable curiosité géologique. La mer Morte (ainsi nommée car les formes de vie y sont rarissimes : seuls quelques micro-organismes peuvent y survivre) est composée d'une solution à haute concentration de sels minéraux (sodium et magnésium) au point qu'on ne peut plus parler d'eau. Sa salinité est environ sept fois supérieure à celle de l'eau de mer. La poussée d'Archimède y est donc considérablement plus élevée : les baigneurs s'y assoient (certes les fesses dans et non sur l'eau). Il est fortement décommandé d'essayer d'y plonger.

Les artistes de l'apesanteur ont joué de l'eau comme ils ont joué de l'air, les billets à venir vont essayer de vous en convaincre. La fluidité nous parle si bien de l'apesanteur... De leur côté, les cinéastes ont tourné en piscine des scènes censées se dérouler en apesanteur. Ainsi, le clip que Bruno Aveilla réalisa pour le parfum XS (vidéo disponible sur le billet du 20 février). Même chose pour le film Gravity, où Sandra Bullock a effectué plusieurs de ses souples déplacements spatiaux dans l'eau. Analogie, analogie vous disais-je !


Sources : http://www.futura-sciences.com/magazines/matiere/infos/dico/d/physique-poussee-archimede-8127/
http://www.mer-morte.info/mer-morte.html

mercredi 16 avril 2014

Fécondation in vento


Graine de plante aux perruches
L'ingénieuse nature a plus d'un tour dans son sac. Pour que les arbres et les plantes se reproduisent, elle a recours au vol des insectes et aux quatre vents via de petites ailes ou hélices végétales permettant aux graines de flotter à bon port. Ouvrons le chapitre qui, dans tout bon manuel de biologie s'intitule Dispersion des plantes à fleurs. Après la pollinisation (transport du pollen), celles-ci se dispersent selon plusieurs procédés. Dont l'envol.
L'Anémochorie -c'est le nom scientifique pour la dispersion qui se fait par le vent- concerne la grande majorité des végétaux. Les plus lourdes (tout étant relatif...) sont enveloppées dans une espèce de gangue sèche qui tombe au sol puis roule et sème ses graines au grè de ses déplacements. D'autres sont renfermées dans une capsule plate, également sèche, munie de petits parachutes. Ces akènes -qui portent une graine unique- sont on le voit équipés pour voler. Ce sont les plus poétiques.

Crédits Kobako
La dernière catégorie (les samares) est tellement performante qu'elle a inspiré, en 1910, un modèle d'aéronef à voilure tournante, le gyroptère. Cette membrane est comme une aile-gouvernail et assure des vols tournoyants, assez semblables à ceux pratiqués par les chauves-souris. La samare pilote entre autre les graines de frênes, d'érables (comme sur la photo) et de plusieurs variétés de conifères. Mais revenons aux impalpables akènes puisque j'ai entrepris ce billet en pensant à la Dent de Lion dite aussi Laitue de Chien, Salade de Taupe, Florin d'Or, Fausse Chicorée, Couronne de moine... Bref, le Taraxacum plus communément appelé le pissenlit. Vous me suivez (sans doute me précédez-vous) : nous allons droit vers notre cher Larousse.

Logo Larousse 1890-1955
puis en version collector
dans les années 70
Né en 1859 sous le nom composé de ses deux concepteurs, le dictionnaire est édité pour la première fois comme ouvrage Larousse en 1876. Son logo représente une fleur de pissenlit où se lit la devise Je sème à tout vent. La semeuse apparaît en 1890. Cofondateur de Larousse, Georges Moreau en eut l'idée et le graveur et peintre Eugène Grasset réalisa le nouveau logo. En 1955, le graphiste Jean Picart Le Doux propose une version plus stylisée, resserrant le dessin sur le visage de la semeuse, avec une chevelure dont les mèches évoquent des flammes. Depuis 1993, Larousse a opté pour un tracé épuré, oeuvre du studio de design Yann Pennor's, à partir d'un dessin de Jean Pham Van My.  La devise est dissociée du graphisme.


Sources : http://www.assistancescolaire.com/eleve/6e/svt/reviser-une-notion/la-dispersion-des-plantes-a-fleurs-6spm02
Wikipédia
http://www.editions-larousse.fr/qui/semeuse.asp